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    s'adaptant à elle par un libre effort de sa volonté : voilà de quoi sa perception
    du présent l'assure. Mais le souvenir de ce présent, qui est également là, lui
    fait croire qu'il répète intégralement des choses déjà dites, qu'il revoit
    exactement des choses déjà vues, et le transforme ainsi en acteur qui récite un
    rôle. De là deux moi différents dont l'un, conscient de sa liberté, s'érige en
    spectateur indépendant d'une scène que l'autre jouerait d'une manière
    machinale. Mais ce dédoublement ne va jamais jusqu'au bout. C'est plutôt une
    oscillation de la personne entre deux points de vue sur elle-même, un va-et-
    vient de l'esprit entre la perception qui n'est que perception et la perception
    doublée de son propre souvenir : la première enveloppe le sentiment habituel
    que nous avons de notre liberté et s'insère tout naturellement dans le monde
    réel ; la seconde nous fait croire que nous répétons un rôle appris, nous
    convertit en automates, nous transporte dans un monde de théâtre ou de rêve.
    Quiconque a traversé pendant quelques instants un danger pressant, auquel il
    n'a pu échapper que par une série rapide de démarches aussi impérieusement
    nécessitées que hardiment accomplies, a éprouvé quelque chose du même
    genre. C'est un dédoublement plutôt virtuel que réel. On agit et pourtant on
    « est agi ». On sent qu'on choisit et qu'on veut, mais qu'on choisit de l'imposé
    et qu'on veut de l'inévitable. De là une compénétration d'états qui se fondent et
    même s'identifient ensemble dans la conscience immédiate, mais qui n'en sont
    pas moins logiquement incompatibles entre eux et que la conscience réfléchie
    se représentera dès lors par un dédoublement du moi en deux personnages
    différents, dont l'un prendrait à son compte tout ce qui est liberté, tandis que
    l'autre garderait pour lui la nécessité - celui-là, spectateur libre, regardant
    celui-ci jouer son rôle automatiquement.
    Nous venons de décrire les trois principaux aspects sous lesquels nous
    nous apparaîtrions à nous-mêmes, à l'état normal, si nous pouvions assister à
    la scission de notre présent. Or, ce sont précisément les caractères de la fausse
    reconnaissance. On les trouve d'autant plus accentués que le phénomène est
    plus net, plus complet, plus profondément analysé par celui qui en fait l'expé-
    rience.
    Henri Bergson, L'énergie spirituelle. Essais et conférences. (1919) 78
    Plusieurs ont parlé en effet d'un sentiment d'automatisme, et d'un état
    comparable à celui de l'acteur qui joue un rôle. Ce qui se dit et ce qui se fait,
    ce qu'on dit et ce qu'on fait soi-même, semble « inévitable ». On assiste à ses
    propres mouvements, à ses pensées, à ses actions 1. Les choses se passent
    comme si l'on se dédoublait, sans pourtant qu'on se dédouble effectivement.
    Un des sujets écrit : « Ce sentiment de dédoublement n'existe que dans la
    sensation ; les deux personnes ne font qu'un au point de vue matériel. 2 » Il
    entend sans doute par là qu'il éprouve un sentiment de dualité, mais accom-
    pagné de la conscience qu'il s'agit d'une seule et même personne.
    D'autre part, comme nous le disions au début, le sujet se trouve souvent
    dans le singulier état d'âme d'une personne qui croit savoir ce qui va se passer,
    tout en se sentant incapable de le prédire. « Il me semble toujours, dit l'un
    d'eux, que je vais prévoir la suite, mais je ne pourrais pas l'annoncer réelle-
    ment. » Un autre se rappelle ce qui va arriver « comme on se rappelle un nom
    qui est sur le bord de la Mémoire » 3 Une des plus anciennes observations est
    celle d'un malade qui s'imagine anticiper tout ce que fera son entourage 4.
    Voilà donc un autre caractère de la fausse reconnaissance.
    Mais le plus général de tous est celui dont nous parlions d'abord : le
    souvenir évoqué est un souvenir suspendu en l'air, sans point d'appui dans le
    passé. Il ne correspond à aucune expérience antérieure. On le sait, on en est
    convaincu, et cette conviction n'est pas l'effet d'un raisonnement : elle est
    immédiate. Elle se confond avec le sentiment que le souvenir évoqué doit être
    simplement un duplicatum de la perception actuelle. Est-ce alors un « sou- [ Pobierz caÅ‚ość w formacie PDF ]

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